“Ne grandis pas trop vite !”

&

`

Ma petite Juliette.

Tu me disais que c’est parfois compliqué de savoir ce qu’on doit faire quand on est une enfant ; que tu aimerais être une adulte pour que ce soit plus facile.

Je ne sais pas si la vie d’adulte est vraiment plus simple. A vrai, dire, je ne le pense pas.

Les adultes ne saisissent pas la beauté de la vie car ils cherchent des choses compliquées alors que la vie aime avant tout la simplicité.

Ils cherchent partout le bonheur, dans les moindres recoins de la terre, au fin fond de l’océan, sur la lune, dans les bars, dans les fêtes, dans les livres, chez la voisine, dans l’alcool, partout, partout dans les terriers, dans les grottes, dans le métro, dans la bière.

Ils cherchent tout le temps, jour et nuit, parfois ils se réveillent en plein milieu de la nuit pour chercher encore et ils s’écrient :

“Ca y est, j’ai trouvé !

j’avais oublié de chercher ici,

je suis sûr que c’est là”

Il faut les entendre parler du bonheur,

“Il se cache si bien.

il faut être déterminé, courageux pour le trouver.

Oui, c’est ça, il faut être très courageux !

Pas de place pour les fainéants, ici !”

Dessin de personnes discutant et cherchant

Fainéant, c’est l’insulte suprême et pourtant s’ils savaient.

La vie attend simplement qu’ils aient terminé de chercher. Elle s’assoit et elle attend au soleil sur une terrasse en écoutant un bon buff en sirotant une bière bien fraiche ! Fainéante va 😉

Dessin de la vie en train de prendre du bon temps

Les enfants comme ils se fatiguent plus vite, ils se posent sur un rondin de bois. Ils écoutent un moineau chanter, ils respirent, ils se mettent à chanter à leur tour. Ils regardent les nuages danser dans le ciel et la vie leur sourit alors ils se mettent à sourire, à rigoler.

Très étonnés, leurs parents leur demandent pourquoi ils rigolent. Alors ils leurs répondent parce que la vie est joyeuse, elle n’arrête pas de rire et de s’amuser.

Rire, s’amuser ! Les parents ne comprennent pas, ils regardent leurs factures sur la table de la salle à manger, le linge à repasser, la cuisine, le ménage à faire, le bébé qui pleure et ils explosent :

“La vie n’est pas joyeuse, certainement pas !

Depuis le temps que je cherche les clés du bonheur, je peux t’assurer que la vie est difficile.

Tu devrais te préparer au lieu de bailler au cornette.

Il faut travailler dur pour être heureux.”

La vie, elle écoute, elle est un peu surprise parce qu’elle ne savait pas que c’était si difficile d’être heureux, de venir la voir. Elle ne se laisse pas faire, elle se met à jouer de plus belle, à danser comme une folle.

Les enfants aiment tellement ça danser et jouer.

Ils jouent, ils rigolent, ils profitent de la vie comme ils savent si bien le faire. Ils font une grande farandole, et tombent ensemble dans un grand éclat de rire.

Alors la vie veut montrer aussi aux adultes que c’est simple, qu’il suffit de se laisser aller, de faire la fête, de s’amuser, de vivre !!!

Elle se met à raconter la nuit de belles histoires, elle raconte comme c’est simple d’être heureux, de pouvoir voyager, de rencontrer de nouvelles personnes avec simplicité, elle leur chante des chants de courage, d’envie, d’amour et les adultes se mettent à sourire pendant leur rêve.

Dans leur sommeil, ils ressemblent à des anges, ils se prélassent dans un champs avec des amis, ils parlent, ils mangent, ils se chamaillent beaucoup. Ils ont enfin trouvé le bonheur, ils ne veulent pas se réveiller.

Elles sont tellement belles les histoires de la vie, qu’ils en veulent encore et encore, toute la nuit.

“Encore une histoire, encore une, juste une.”

Mais au réveil, les adultes ont oublié. Ils oublient tout le temps.

La nuit suivante, la nuit d’après, toute les nuits, la vie recommence à raconter des merveilleuses histoires encore et encore inlassablement.

Mais pour les adultes, c’est très difficile de se souvenir de leurs rêves, de saisir la beauté de la vie. Depuis qu’ils sont petits on leur a dit que la vie était difficile, INSURMONTABLE, qu’il fallait être courageux, très courageux et travailler beaucoup, tout le temps.

Alors les parents disent aux enfants qu’ils les aiment, que c’est pour leur bien et que s’ils avaient un bon métier, ils seraient tellement fiers d’eux. 

“Quel enfant ne voudrait pas rendre fier ses parents ?”

Alors les enfants renoncent à leurs rêves, à les chercher, à les suivre, à partir au bout du monde pour se réaliser.

Ils deviennent sérieux, exigeants envers les autres, envers eux-même. Ils travaillent dur à l’école, ils travaillent dur à la maison. Ils faut réussir à tout prix. Ils se battent pour devenir RESPONSABLE, pour devenir des adultes avoir de l’argent, une famille, un métier.

Ils cherchent à leur tour le bonheur mais ils ne comprennent pas ce qu’il y a à chercher puisque la vie est entrain de se balader au soleil en faisant des grimaces. ils trouvent plein de choses, des études, des activités, des responsabilités mais ils ne sont pas plus heureux ; de moins en moins d’ailleurs et ce n’est jamais assez.

*Dessin de la vie en train de faire l’andouille*

La vie se met à rigoler, et à faire l’andouille de plus belle mais les enfants ne veulent plus décevoir leurs parents.

La vie se met à chanter à tue-tête, à danser le swing mais les enfants se bouchent les oreilles et résistent à l‘appel de la vie. La vie fait des cabrioles et joue à saute mouton dans les champs pour entrainer les enfants avec elle. Pour résister les enfants finissent par tourner le dos à la vie.

Alors, la vie s’arrête, pleine de tristesse, elle se pose dans un champ et elle attend pendant des heures, des mois, des années parfois qu’un enfant devenu adulte revienne jouer, danser avec elle.

Mais les enfants, ils oublient comme leurs parents, ils sont devenus sérieux, ce sont des jeunes ADULTES plein de RESPONSABILITES maintenant.

Mais rassure toi, ma Juliette, heureusement il y a des enfants qui en grandissant gardent leur âme d’enfant.

Ils essaient d’inspirer, de réveiller les autres en chantant, en dansant avec la vie. Ce sont des âmes joyeuses, des trublions, comme toi. Ils savent que sur le chemin de la joie, ils feront certainement de belles rencontres et peut être la vie.

Alors, je t’en prie, ma Juliette, quoi qu’on t’en dise ne prends pas la vie trop au sérieux.

Ton parrain qui t’aime

Cresto

About the author

cresto

Passionné d'écriture et de théâtre, je fourmille de projets littéraires.

Add comment

By cresto

cresto

Passionné d'écriture et de théâtre, je fourmille de projets littéraires.

Pour rester en contact

Intéressé pour partager des projets artistiques théâtrales et littéraires